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FCA RETIRE SON OFFRE DE FUSION AVEC RENAULT !


Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler a annoncé dans un communiqué qu’il retirait son offre de fusion avec Renault. Le groupe italo-américain estime que « les conditions politiques ne sont actuellement pas réunies en France pour mener à bien un tel rapprochement ».

Fiat Chrysler a précisé qu’il restait « fermement convaincu » de l’intérêt de ce projet.

Alors pourquoi un tel revirement ?

Le conseil d’administration de Renault, réuni mercredi soir pour la deuxième journée consécutive, n’a pas été en mesure de prendre une décision.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a , selon une source Renault, exigé un nouveau conseil d’administration fixé à mardi prochain après son voyage au Japon » prévu en fin de semaine. Le ministre souhaitait s’entretenir au préalable avec son homologue japonais.

Une décision prise alors même que lors du vote mercredi soir au siège de Boulogne-Billancourt, près de Paris, « tous les administrateurs étaient pour, à part un représentant des salariés affilié à la CGT et les deux représentants de Nissan qui se sont abstenus, comme prévu », a ajouté cette source.

Les deux administrateurs nommés par Nissan avaient néanmoins demandé « à ce que soit écrit dans le PV le fait qu’ils pourraient dire oui avec un peu plus de temps », a-t-elle poursuivi.

Nissan, dont Renault détient 43 % du capital, et qui contrôle 15 % de Renault, craignait d’être marginalisé dans l’opération tout en reconnaissant l’existence d'opportunités en matière de partages de technologies. Le rejet par Nissan d’une proposition d’intégration renforcée avec Renault avait précipité les négociations franco-italiennes.

L’arrestation en novembre dernier de l’ancien patron Carlos Ghosn, mis en examen au Japon pour diverses malversations à la suite de dénonciations par des dirigeants de Nissan, a créé des tensions entre les deux constructeurs.

Bruno Le Maire, s’exprimant au nom de l’Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15 % du capital, avait posé plusieurs conditions à son feu vert. La première d’entre elle était que ce mariage ne se fasse pas sans respecter l’alliance de 20 ans entre Renault et Nissan.

Il avait également insisté sur « la préservation des emplois et des sites industriels, une gouvernance équilibrée et la participation du futur groupe au projet européen de batterie électrique ».

Mercredi matin, il avait mis en garde contre toute « précipitation ». « Prenons le temps, pour faire les choses bien. C’est une opération de grande ampleur, qui vise à créer un champion mondial de l'automobile », avait déclaré le ministre. « Nous voulons faire cette fusion, mais nous ne la ferons pas à n’importe quelles conditions », avait-il ajouté.

L’état français craint que ce « mariage entre égaux » aboutisse finalement à faire passer Renault sous pavillon italien. Le projet prévoyait la création d’une holding basée à Amsterdam et détenue à parts égales par les actionnaires de Renault et FCA. La famille Agnelli, qui possède 29 % de Fiat Chrysler, aurait vu sa part mécaniquement diluée à 14,5 %, mais serait restée de loin le premier actionnaire, pesant près du double de l’Etat français qui serait tombé à 7,5 % du capital.

La fusion aurait créé un groupe de plus de 30 milliards d’euros de valorisation boursière, produisant 8,7 millions de véhicules par an. En y ajoutant les volumes de Nissan et Mitsubishi, les deux alliés japonais de Renault, l’ensemble produirait près de 16 millions de véhicules par an, loin devant Volkswagen et Toyota (environ 10,6 millions chacun).

Pour Renault et Fiat Chrysler, l’idée était d’atteindre une taille critique leur permettant de financer sans problème les ruptures technologiques qui bouleversent l’industrie automobile : électrification, véhicules autonomes et connectés.

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