• Béatrice

POUR LUCA DI MONTEZEMOLO "L'AUTOMOBILE ITALIENNE N'EXISTE PLUS !"



Depuis une vingtaine d'années déjà, le mondialisme ambiant, imposé à marche forcée, tant aux entreprises qu'aux citoyens, a considérablement changé l'univers de l'automobile. Alors que l'Europe, les Etats-Unis ou le Japon se partageaient majoritairement cette industrie, voilà que depuis quelques années, groupes chinois ou encore indiens se sont invités en force dans ce segment. Une arrivée qui a conduit à des bouleversements impensables il y a encore 30 ans. Face à ce cataclysme, accompagné d'un second: l'électrification massive (et également à marche forcée!), c'est tout le paysage européen de l'automobile qui en a été modifié.


L'intervention récente, et remarqué de Luca Cordero di Montezemolo, ancien numéro 1 de Ferrari à ce sujet, souligne de manière flagrante un constat que peu ont eu le courage de dresser jusqu'à maintenant. M. di Montezemolo n'y est pas allé par quatre chemins en déclarant ni plus ni moins que "la voiture italienne n'existe plus, qu'il ne reste que Ferrari et que le secteur automobile de notre pays traverse une crise probablement imparable".


Rappelant la première rencontre avec Sergio Pininfarina, Montezemolo a parlé de Turin en disant que maintenant en ce qui concerne les voitures et Fiat, il reste très peu de choses d'origine italienne. Bien que Stellantis ait décidé d'investir à Mirafiori avec des voitures Maserati et la nouvelle Fiat 500 électrique, l'ancien président de Fiat et Maserati a déclaré que Stellantis est un groupe français et donc qu'il reste très peu d'italien chez Fiat.


Pour Luca Cordero di Montezemolo, "toute l'industrie automobile de notre pays est en crise et il ne s'agit donc pas d'un problème lié à un seul constructeur ou groupe automobile". En plus de Stellantis, qui est français, Lamborghini est désormais allemand au sein du groupe Volkswagen.


Par ailleurs, l'ancien patron de Ferrari a souligné la disparition des grands carrossiers en Italie et notamment à Turin, ce qui rend de plus en plus difficile l'émergence de nouveaux designers et de nouveaux talents et c'est quelque chose qui ne pourra guère changer dans les prochaines années.


Un constat somme toute assez sombre, et qui peut aussi se comprendre, à la lumière d'erreurs stratégiques multiples, et qui prendraient trop de temps à détailler dans ces lignes. mais citons, au hasard, le ratage du cap de l'électrification, l'impossibilité chez Alfa Romeo de proposer une gamme cohérente et complète (les SUV ont été remarquablement absents depuis des années d'un secteur que ses concurrents allemands ont su s'approprier par exemple), le catastrophique métissage des modèles Lancia et Chrysler qui a porté un coup fatal à la marque turinoise dans la plupart des pays, la laissant vivoter tant bien que mal en Italie. Bien entendu les exemples sont multiples et bien trop nombreux pour les recenser tous.


Mais à la vue de la logique qui préside à toute politique de grand groupe multimarques, il est difficile d'être rassuré sur le maintien d'une âme italienne dans les futures productions transalpines....







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