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ALFA ROMEO GIULIA : L’INGÉNIEUR EN CHEF RÉVÈLE SEPT SURPRISES !


La révélation de la dernière née de la marque au biscione, réussie d'un point de vue « stratégie de communication », a , en revanche laissé un goût d'inachevé voire de déception quant à son design, que d'aucun auraient aimé plus « Alfa ». Mais sans doute la pari de la commercialisation au sein de nouveaux marchés peu sensibles au style « latin » aura-t-il dicté sa volonté au département design de la marque (voir notre analyse sur le futur d'Alfa Romeo).

Tandis que des photos espions circulent concernant ce nouveau modèle, l'ingénieur en chef du projet Philippe Krief, a révélé dans une interview au magazine anglais « Car », sept surprises contenues dans le nouveau modèle. Revue de détails....

1/ La durée de gestation du projet n' a été que deux ans et demi !: Si le temps de remplacement de l'ancienne 159 a été incroyablement long (reporté de nombreuses fois par le patron du groupe FCA Sergio Marchionne pour des raisons liées d'abord au rachat de Chrysler, puis du contexte économique), la durée de réalisation de projet « Giulia » a été incroyablement court : « si vous demandez à n'importe quel constructeur d'élaborer un nouveau modèle en deux ans et demi, aucun d'entre eux ne vous dira que cela est possible », a déclaré Philippe Krief. « Le standard moyen de développement d'un modèle se situe aux alentours de quatre ans voire cinq, partout dans le monde. Nous avons dû le réaliser en deux fois moins de temps ! M.Marchionne nous a dit (et il a raison) « Le seul moyen de réaliser ce projet c'est d'être différent ! »

2/ La mentalité « de tueur » et l'équipe des 10 » : Sergio Marchionne a permis le détachement au sein d'Alfa Romeo d'une équipe de dix personnes pour le projet Giulia. Philippe Krief se rappelle le coup de fil du boss : « C'était le 29 avril 2013. je travaillais à l’époque chez Ferrari, et j'ai reçu un coup de fil me disant : « Tu dois venir et concevoir la nouvelle Alfa Giulia . Nous devons faire quelque chose de complètement différent. Donc, s'il te plaît entoure-toi d'un certain nombre de gars et réfléchis sur le projet. Tu as deux ans et deux mois ! ». M.Krief a réuni une équipe de dix spécialistes dans différents départements pour déterminer les paramètres du programme de développement. L'équipe s'est installée à l’extérieur de l'habituel Centre Recherche et développement . « Nous étions tout le temps ensemble, et avions une tonne d'idées et de rapides décisions à prendre. Chose qui n'existe pas dans une grande entreprise ».

3/ L'usage massif de l'aluminium et de la fibre de carbone. Philippe Krief : « Nous avions deux objectifs : Tout d'abord le ratio poids-puissance. Nous savions que nous souhaitions un véhicule aux alentours de 1500 kilos pour le version quadrifoglio. Nous avons donc dû travailler sur l'optimisation, décider où nous voulions gagner du poids, où nous pouvions nous permettre du métal normal. Nous nous sommes ensuite penchés sur le critère du coût : Vous devez perdre du poids là où c'est le plus efficace. Mais perdre du poids entraîne toujours un surcoût. Sur une portière c'est efficace. Si je paie « X », je peux sauver tant de poids. Dans d'autres endroits une perte de poids minimum entraînera un surcoût conséquent. Les bras de suspension sont en majorité en aluminium, devant et derrière, ainsi que le moteur, les portes ainsi que les ailes. Le coffre sur la version Quadrifoglio est en fibre de carbone, de même que le toit, la structure des sièges et l'arbre de transmission.

4/ Il y a une petite flamme Ferrari dans le développement !: Philippe Krief,ancien ingénieur-cadre chez Ferrari déclare qu'il y a « un peu de la magie Ferrari dans la dynamique du châssis de la nouvelle Giulia : « J'ai travaillé sur le projet 458 Speciale. Ferrari, possède un atout dans l'art de la propulsion. C'est exactement le même genre de chose que nous voulions sur la nouvelle Giulia: Cette sensation...Le châssis se devait d'être dynamique, rapide,très agile, très stable. La conduite est réellement fantastique ».

5/ la Quadrifoglio Verde peut envoyer tout son couple moteur sur une seule roue arrière!: « Vous avez un différentiel, double embrayage..Il y a toujours de la puissance qui arrive même si vous n'êtes pas sur l'accélérateur. Grâce au vecteur de couple, ce dernier peut être réparti aux roues avant et arrières, à droite ou à gauche. Cela peut tout vous permettre. Démarrer de manière équilibré, créer un survirage, puis de nouveau l'équilibre, sous-virage etc...Vous pouvez faire ce que vous souhaitez car l'embrayage est très rapide, très réactif.Aujourd'hui les limites de la voiture se trouve dans les pneus, mais ici vous devez pensez qu' une fois que vous atteignez les limites de vos pneus, c'est comme si une main extérieur vous donnait quelque chose de plus. Vous pouvez envoyer 100% de la puissance sur une seule roue...

6/ Le V6 Alfa est un pur Alfa !: « Double turbo, angle de 90 degrés...Ce qui était important pour nous, c'était la sensation, pas forcément la puissance du couple. Lorsque vous conduisez la voiture, et que vous accélérez, vous pouvez avoir toute la puissance puis, soudain plus rien, ou vous pouvez faire croître le couple, petit à petit. Nous avons conçu ce moteur dans le souci de conserver cette sensation. Le couple dépendra du choix de la vitesse engagée: Sur la première ou la seconde vous pouvez avoir le maximum de couple, puis ce même couple deviendra plus progressif sur les troisième et quatrième vitesses, enfin plus discret sur les cinquième et sixième vitesses, parce-que vous rechercherez la puissance. Donc nous donnons plus de couple moteur sur les rapports inférieurs. Mais si vous vouliez accelérer en sixième, alors vooom !

D'autres moteurs entreront en action. Nous les dévoilerons à francfort. Y'aura-til un moteur 4 cylindres ? Probablement, et nous travaillons également sur un V6 diesel. »

7/ Le kit aero de la giulia change en fonction de votre conduite : « Nous voulions le maximum dans tous les domaines: moteur,poids,pneus et aérodynamique », déclare P.Krief. « Vous devez créer une déportance, cela augmente la performance de vos pneus. Nous avons donc développé ce dispositif afin d'augmenter la déportance dans les angles. Nous débutons par le basic, là où le véhicule a une déportance naturelle, mais nous l'augmentons en courbe. Dans ces conditions, le splitter travaille à vous donner plus de déportance. Sur une ligne droite, nous voulons moins de poussée. La Giulia possède deux déclencheurs électriques liés au ECU qui détermine si vous êtes en courbe ou en ligne droite, en survirage ou sous-virage et fonction, décide d'adapter le splitter ! »

Voilà une interview qui, en tous cas nous fait saliver d'avance, et nous donne l'envie de l'essayer !

#Alfaromeo #Ferrari